Un journaliste détenu après avoir photographié un camion de pain, la communauté médiatique s’indigne

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des agents de la DEMIAP (renseignement militaire) ont arrêté Willy Akonda puis l’ont détenu pendant neuf heures, l’accusant d’avoir pris des photos qui « compromettaient » le président Joseph Kabila, selon le témoignage du journaliste au CPJ. Ses deux téléphones ont été saisis et restitués le lendemain.

La dénonciation de cette arrestation est venue avec vigueur de la part d’Eman Libatu, journaliste bénévole et collaboratrice de M. Akonda, qui a publiquement condamné l’arrestation arbitraire.

Akonda affirme avoir été appréhendé alors qu’il documentait les conditions de transport du pain à Kinshasa. Un homme en civil, se présentant comme officier de la DEMIAP, l’a d’abord conduit au poste de police, puis au bureau du renseignement militaire où le contenu de ses téléphones a été examiné.

« Le responsable de ce bureau, identifié seulement comme “Major”, m’a menacé de mort et a déclaré qu’il pourrait m’abattre sans problème car il n’obéit qu’au président », a déclaré Akonda au CPJ. Il raconte également avoir été menotté avec force et laissé, après interrogatoire, assis sur une plaque de métal jusqu’à sa libération.

Angela Quintal, coordinatrice du programme Afrique au CPJ, a condamné l’arrestation : « Willy Akonda n’aurait jamais dû être arrêté ni maltraité. Associer le fait de prendre des photographies à une attaque contre le chef de l’État est inacceptable. »

Selon ACTUALITE.CD, le chef de la DEMIAP Delphin Kahimbi a promis de sanctionner les officiers impliqués, sans préciser quelles mesures seraient prises ni leur calendrier. Un colonel nommé Maurice, que M. Akonda désigne comme ayant facilité sa libération, a demandé à être rappelé puis est devenu injoignable.

Ces faits interviennent alors que le CPJ continue de recenser des cas de harcèlement, d’arrestations et de détentions ciblant des journalistes en RDC.

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